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La résilience n'est pas revenir à l'état d'avant

Le mot est devenu une exigence adressée aux gens fatigués. Il décrivait autre chose, et c'est plus utile.

RésilienceDeuilTraversée

Photo : Krakograff Textures · Pexels · licence Pexels

« Il faut être résilient. » On l'entend dire à des gens qui viennent de perdre quelqu'un, de perdre un travail, de perdre une certitude. Dit comme ça, le mot n'est pas un encouragement : c'est une consigne. Tenez. Revenez à la normale. De préférence vite, et sans déranger.

Ce que le mot voulait dire

En science des matériaux, d'où il vient, la résilience désigne la capacité d'un matériau à encaisser un choc sans se rompre. Pas à redevenir neuf. Un matériau résilient garde la marque du coup et continue de tenir la charge. C'est très exactement ce que font les gens qui traversent quelque chose.

Ce qui tient n'est pas ce qui est resté intact.

Trois choses que la traversée n'est pas

Ce sur quoi on peut réellement travailler

On ne travaille pas la résilience directement : ce n'est pas un muscle, et l'exhortation ne l'augmente pas. On travaille ce qui la rend possible. Le sommeil, qui n'est pas un luxe mais la condition de tout le reste. Le lien, c'est-à-dire savoir précisément à qui on peut dire la version non présentable. Et le seuil — savoir à quel moment vous n'êtes plus en train de tenir mais en train de vous user, ce qui n'est pas la même chose et ne se voit pas de l'intérieur.

C'est souvent là que le travail commence vraiment : non pas à vous rendre plus solide, mais à reconnaître plus tôt le moment où vous forcez. La plupart des gens que j'accompagne n'ont pas besoin d'être plus forts. Ils ont besoin d'un endroit où poser ce qu'ils portent, assez longtemps pour en mesurer le poids réel.

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